Réglage des tracteurs dans les Hautes-Alpes

Banc d’essais diagnostic et réglage des moteurs de tracteur

Localisation

Description Technique

Le banc d'essai mesure la consommation spécifique, c'est-à-dire la quantité de carburant utilisée pour fournir 1 kW de puissance pendant 1 heure, et cela tout au long de la plage de régime (vitesse de rotation du moteur) du moteur diagnostiqué. La courbe obtenue est alors comparée à celle fournie par le constructeur afin de détecter les anomalies.

En fonction de la tache à laquelle est affectée le tracteur (prise de force, travaux lourds de traction, travaux légers de traction, déplacements...), le chauffeur doit adapter sa conduite, c'est-à-dire d'obtenir la puissance adéquate à un régime moteur plus faible entrainant ainsi une baisse des consommations. On s'éloigne également ainsi du régime de rupture, c'est-à-dire le régime à partir duquel la puissance développée par le moteur diminue alors que la vitesse de rotation continue d'augmenter. Ces réglages tiennent compte de l'altitude de l'exploitation agricole et de la température du site.

De plus si le débit de carburant est trop important, cela entraîne une surconsommation mais également le rejet de polluants liés aux imbrûlés puisque la combustion n'est pas optimisée. Le réglage du débit de la pompe à injection évite ainsi l'émission de CO2 supplémentaires dans l'atmosphère.

Dans quel cas est-il souhaitable de faire passer son tracteur sur le banc d'essai ?
1. Dès l'achat d'un nouveau matériel. En effet, le diagnostic permet de détecter les problèmes qui peuvent survenir après le rodage. L'agriculteur aura également dès le départ ses courbes de puissance, régime et consommation ce qui lui permettra d'utiliser au mieux son tracteur.
2. Après 4000 à 5000 heures de fonctionnement, le moteur connait généralement les premiers problèmes techniques ou d'usure qui proviennent principalement du calage de la pompe à injection, ou du tarage des injecteurs.

Caractéritiques économiques

Le coût d'un diagnostic est de 130 €HT/tracteur.

Les acteurs du projet

Organisation : Eric MEYNADIER, Chambre agriculture et FDCUMA 05
Mise à disposition du banc d'essai : FN CUMA

L'avis du maitre d'ouvrage

Entretien réalisé avec Eric MEYNADIER de la Chambre d'Agriculture et de la Fédération Départementale CUMA des Hautes-Alpes

Un diagnostic adapté à tous les besoins

« Nous voyons différents profils venir faire diagnostiquer leur tracteur. Il y a ceux qui ont pris rendez-vous car ils ont détecté un souci sur leur moteur et qui ont entendu parler de ce type de diagnostic. Mais il y a également ceux qui ont déjà diagnostiqué un de leur engin et qui reviennent dès l'acquisition d'un nouveau matériel car ils connaissent le bénéfice qu'ils ont pu retirer de ce diagnostic

« Ils reviennent que ce soit avec un moteur neuf afin de l'optimiser dès le début ou alors suite à l'achat d'un tracteur d'occasion afin d'en vérifier l'état mécanique et d'en améliorer si besoin sa puissance et sa consommation. »

Un outil technique vecteur de sensibilisation et facilitateur d'échanges

« Le banc d'essai est un outil qui permet une meilleure connaissance de son engin agricole mais qui permet aussi de sensibiliser les agriculteurs aux notions de polluants, de gaz à effet de serre. En effet, si le débit de carburant est trop important, la combustion dans le moteur n'est pas équilibrée. Il y aura des imbrûlés et donc l'émission de polluants. Chercher le meilleur taux d'injection pour la puissance souhaitée réduira donc également l'émission de gaz polluants dans l'atmosphère. »

« Ces diagnostics permettent aussi d'introduire auprès des agriculteurs la problématique de réduction des consommations. En effet, généralement, à l'achat d'un nouveau matériel, seules les notions de puissance et de couple sont prises en compte par l'exploitant.
Le diagnostic permet de montrer que sur les moteurs de nouvelle génération, qu'à un régime moteur plus faible, et donc une consommation réduite, le tracteur peut développer une puissance équivalente. Les agriculteurs qui sont passés chez nous au moins une fois s'en rendent systématiquement compte.»

« Et lorsque l'on fait constater que le prix du gasoil, qui varie de 70 à 90 c€ selon les régions et fournisseurs, a un fort impact économique sur la rentabilité de l'exploitation, avoir du matériel bien réglé et performant ainsi qu'adopter une conduite économique prend tout son sens. »

« Il est également intéressant pour nous de voir que ces journées sont quelques fois des points de rendez-vous et d'échanges entre agriculteurs. Ils arrivent un peu avant leur heure de passage ou partent après, voir restent toute la journée, afin de pouvoir discuter et d'échanger avec d'autres sur leur expérience ! »

Un dispositif non autonome en perte de vitesse

« Même si ces journées sont devenues un réflexe pour certains agriculteurs, le bouche à oreille ne fonctionne pas vraiment. Un travail d'animation est nécessaire pour organiser les campagnes. Il faut partir à la recherche d'agriculteurs qui pourraient être intéressés, ce qui nécessite beaucoup de temps au téléphone. Ensuite il faut organiser les rendez-vous pour qu'ils conviennent à tout le monde et qu'il n'y ait pas d'attente lors des journées de diagnostics. »

« Le dispositif a connu un véritable engouement dans les premières années avec 40 à 50 tracteurs diagnostiqués par campagne. Mais depuis 2011, les campagnes s'essoufflent. Nous sommes descendus à un volume de 25 tracteurs par an. L'animation de ces campagnes s'avère essentielle pour que cela fonctionne et que cela continue de fonctionner. »

Les points clefs

Adapter le type de tracteur et sa puissance en fonction de la tâche effectuée.
Adopter une conduite dite économique